.: premières récoltes :.

Alors que le printemps arrive, c’est à nouveau le temps des récoltes.

Pour moi en tout cas, ça commence là avec les violettes, les pâquerettes, bientôt les primevères….et les champignons qui vont faire leur retour.

C’est mon premier printemps ici depuis mon enfance. Je suis un peu perdue. Plus de coin à fleurs que je connaisse . Mon terrain est dépourvu de fleurs . Je suis donc partie en quête tirant ma fille sur son petit tracteur…ahah !

On a trouvé une poignée de violettes qui embaument à présent la maison.

Il va falloir y aller un peu chaque jour pour en avoir pas mal. Dans mon ancien village elles tapissaient les abords et avaient fait de leur maison un prieuré en ruine. Et mon jardin en voyait pousser quelques unes à côté de multitudes de pâquerettes et primevères.

Ici tout est à faire. Je compte sur les oiseaux pour m’apporter pleins de graines et la jachère fleurie attend encore un peu que le temps de réchauffe.

J’ai trouvé aussi pas mal de ciboulette sauvage et de mâche !

Et les pissenlits arrivent!

Les récoltes seront maigres pour commencer, patience!

Et la berce? Où se cache t’elle?

J’ai récolté des hampes de bouillon blanc remplie de graines aussi!

.: Feu :.

J’avais oublié l’humilité devant le feu.

Combien il a besoin d’air, d’être nourri savamment.

Combien il demande une attention particulière.

Le Feu est créateur mais peut être dévastateur. Il transmute mais peut détruire, il transforme mais peut très bien dévorer. Le feu est versatile et demande à être honoré.

J’aurai mis un mois pour allumer celui la!

.: Inipi du 16 janvier :.

Dans un objectif de prise en main, dans l’envie d’être dans l’action pure, sans attente ou presque si ce n’est d’aller vers la guérison, je me suis inscrite à une cérémonie Inipi.

J’étais déjà allée célébrer dans la hutte de sudation avec ce chaman. J’aime son approche non dogmatique, pragmatique, ancrée dans notre monde, notre époque.

Il y avait beaucoup de neige ce jour là, le 16 janvier dernier.

Il y a le moment de l’accueil, celui de la préparation de la hutte, apporter le bois pour le feu, sélectionner les pierres, couvrir la structure de couvertures. La construction de la hutte se fait ensemble. Déjà le sacré s’installe doucement. Certain-e-s chantent , d’autres se recueillent, certain-e-s semblent perdus et d’autres dans leur élément.

Une fois les Tobacco ties réalisés : petits sachets de tabac montés en guirlande avec 21 sachets ou plus,7 prières et intentions pour la Terre et ceux qui la peuplent, 7 pour ceux qui nous entourent, familles proches ami-e-s, 7 pour soit, son foyer… on se rapproche petit à petit de soit.

On se dénude, on se couvre un peu, on se met à l’aise, retirant le superflu et ne gardant que le stricte minimum car nous retournons dans le ventre de la Terre pour renaître comme au premier jour,ou presque.

A ce moment là , nous nous ressemblons de plus en plus dans notre fragilité devant le froid, sans nos oripeaux , masques et ornements du quotidien.

Nous nous dirigeons vers le lieu de la cérémonie et un à un nous rentrons en nous pour pénétrons dans la hutte a même la Terre gelée. nous nous saluons « nous sommes tous et toutes reliés »

Nous voici dans le ventre de la Terre. Les fesses gelées, à attendre. Les premières pierres font leur entrée. Nous les saluons.

La porte se ferme, le noir est complet. Le rouge des pierres chaudes qui grésillent est très discret. L’eau qu’on jette dessus, la vapeur chaude qui atteint notre visage. Et les chants, les tambours. Le voyage commence.

O mitakuye oyasin

Pachamama !

La hutte est un chaudron où tous les éléments se mêlent.

.: 9 ème Mère de clan :.

Watajis, l’étoile du soir.

Les deux roues de médecine que relie une spirale. La connexion avec son orenda. Ne prendre que le nécessaire et porter dans son dos, tout contre soi, sans les voir, les générations à venir. Veiller sur elles, et leur préparer le meilleur avenir possible.

Apprendre à découvrir toutes ses facettes, animus et anima, féminin et masculin, jour et nuit, sombre et lumineux.

Et Tirer la carte du corbeau , lui qui m’a toujours fasciné.

Cartes par Jamie Sams et David Carson

.: Tambouille guérisseuse :.

Ma petite se plaignant de pipi qui pique je me suis plongée dans mes récoltes pour voir ce que je pourrai lui concocter. Premier réflexe : queues de cerises.., mais il faut douze heures de macération. Donc c’est parti pour une cure demain, je fais macérer à l’eau froide pour chauffer tout ça demain.

Les queues de cerises séchées ça sent bon!!! On retrouve bien la cerise.

Bon et pour aujourd’hui ? La prêle demande aussi un temps de macération… je pense à la mauve dont on dit qu’elle adoucit tout et qui est ma plante fétiche du moment. Lecture de Jean palaiseul: bingo! Elle est d’une grande aide quand il y a inflammation des voies urinaires. J’allie à elle l’ortie pour son aspect fortifiant et stimulant des voies urinaires.

Une macération à froid est également nécessaire, mais de quelques minutes seulement… donc ça sera impeccable pour cet après-midi…

J’en ai profiter pour récolter les graines de la mauve que j’avais laissées sur les tiges dans la précipitation du déménagement.

Après quelques minutes de macération à froid. Une couleur bleue se développe. C’est beau!

.: smudge sauge romarin :.

Quand j’en allume un c’est tout une atmosphère, le sacré s’installe, l’ambiance s’apaise. Cette odeur est pour moi celle de la pratique spirituelle, de la prière qui s’envole, de la méditation et du recueillement. Allumé hier pour un soin… j’espère qu’il sera bénéfique.

Je fais mes smudges moi même.

Cette pratique étant de plus en plus connue et à la mode un marché se développe. On en vend emballé dans du plastique, ça coûte une blinde. Et ça vient de loin. Pour ma part, J’utilise ce qui pousse dans mon jardin, sauge officinale et romarin. quand ça sèche dans la maison, sauge et romarin, ça donne une odeur splendide, ça sent les bougies au sapin, ou ambiance Noël… ce moment deja est magique!

J’aime aussi leur donner des formes , en faire des énormes pour la pratique en extérieur , ou des petites discrets, des tordus, des dodus.

Des feuilles, des branches, du fil de coton enroulé serré et voila, après quelques mois la récompense des volutes de fumées parfumées et purifiantes.

Avec aération quand même pour pas déclencher le détecteur de fumée,… ahah!

.: lunes rouge de juin :.

35 ans dont 23 ans déjà a vivre les lunes rouge.

J’ai appris à les célébrer, à écouter mon corps tout doucement, au fur et à mesure que je côtoyais d’autres femmes païennes et Deanistes, wicca,

Avant de connaître d’autres femmes vivant avec une spiritualité célébrant le féminin sacré, le cycle de la vie, les règles étaient quelques choses de honteux, de caché.

Un jour, au collège, une prof m’a empêché d’aller aux toilettes changer mes protections. J’en ai foutue partout!

Ma chaise était rouge, rouge! Ça sentait le sang à plein nez. J’ai dû rentrer chez moi, enduite de sang jusqu’aux cuisses! Merci madame!

Je doute que les choses aient beaucoup évoluées. Il est parfois bien dur de trouver des toilettes propres , équipées de lavabo, pour se laver les mains! Et oui! C’est pratique quand on y pense! Un petit lave main !

Enfin!

Mes enfants savent déjà , ce qu’est une cup, les lunes rouges, et ils n’ont pas de tabou par rapport à ça!

Je ne voulais pas cacher mes lingettes qui trempent, ma cup que je fais sécher après stérilisation…

J’affiche aussi ce moment avec de discret bijoux. Pour célébrer le cycle , honorer ma condition de femme.

Cauri et goutte de sang en cristal de bohème.

Quand je mets cette boucle chacun sait ce que je vis. J’ai remarqué dernièrement des changements dans mon cycle , mon corps se préparerait il à la suite de ma vie de femme? Je le crois!

Donc je l’écoute, je ramasse de la sauge, je rentre en silence dans mon intérieur sacré et j’accueille.

.:Récoltes du soir:.

Fleurs de sauge

Ce soir, un beau bouquet de sauge. trouvé au coucher du soleil, dans les hautes herbes , au pied du pommier.

Un peu avant, le pied de mauve de Mauritanie ( merci Rowan pour le tuyau quand même!) a commencé à ouvrir ses fleurs! Et en marchant délicatement j’ai vu que les mauves officinales que je couvent depuis des mois ont aussi fleuries !! Joie!

J’ai récolté un peu de chaque, laissant leur part aux abeilles et autres butineurs!

Une fleur de mauve de Mauritanie et une fleur de mauve officinale…

Tout se « mange »dans la mauve, des racines aux feuilles en passant par les fleurs ou même les graines ( petit fromage les appelaient t’on pour leur forme) je vais goûter ça bientôt!

La mauve adoucit …les humeurs, les mœurs, les douleurs….une plante de la douceur et de la compassion.

Pile ce dont j’ai besoin en ce moment!

.: pétales de coquelicot séchés :.

Et au dessus, pavot de Californie

Je trouve ça si beau…et une fois dans leurs bocaux , je me délecte de leur bonne odeur.

Je vais écrire un article pour l’Herbier à leur sujet. J’ai mille chose en tête et zéro temps pour le réaliser. La seule chose que j’arrive a faire c’est venir écrire des petits textes sur mes récoltes… un peu frustrant.