60/365 : suera ou suera pas?

ça m’appelle….j’ai bien envie de retourner participer à une hutte de sudation, à une cérémonie Inipi….L’expérience avait été vraiment époustouflante, physiquement éprouvante, mais à la fin de la journée je ne voulais plus que cela s’arrête.

Tout d’abord arriver tôt, dans un endroit magnifique. Faire nos petits sacs d’offrandes avec du tabac et des tissus colorés, avec quelques habitués qui déjà chantent et jouent du tambour.Ensuite partir chercher les pierres du foyer, le bois et l’eau, chacun à un rôle à jouer, chacun est utile…puis pour finir les couvertures pour mettre par dessus la structure de la hutte. Deux gardiens sont désignés: un pour le feu et les pierres du foyer, il amène des pierres dans la hutte à chaque passage de « porte », l’autre gardien s’assure que tout se passe bien pour nous, apporte à boire, et accueille ceux qui ne peuvent poursuivre.

Se déshabiller…circuler autour de la hutte, poser tout ce qui peut être posé…

Pénétrer dans la hutte.Il ne fait pas noir encore, puis les premières pierres, et l’eau et le crépitement…Et la porte qui se ferme…..Noir complet, à même la Terre, dans le ventre de la Mère.

être presque nue, dans le noir, au milieu de frères et de sœurs que je ne connais pas, et que je connais.

Saluer chaque nouvelle pierre du foyer par un AHO bien sonore…

Et les chants de la première porte si instinctifs et viscéraux, improvisés….et l’envie de crier, et crier!

La folie de la deuxième porte qui me fait croire que je suis capable de jouer du tambour, de tenir le tempo, un tempo, malgré le poids de l’instrument, du bâton, et la chaleur écrasante déjà. Finir couchée sous le tambour.

me forcer à ne pas tourner le dos au foyer pour chercher de l’air derrière moi, sous les peaux.

La troisième porte et les pourquoi, pourquoi je m’inflige cela? Et cette fille qui invective je ne sais qui, qui semble souffrir mille morts, cette autre qui pleure et qui n’ira pas plus loin…et une voix qui chante, toujours, qui tient, que je suis.L’eau qu’on se passe et qu’on engloutie avec volupté.

et la quatrième porte…et là l’apaisement, l’abandon de soi, et l’acceptation de se laisser aller contre le corps de l’autre, que je ne vois pas, que je ne sais pas…et la communion, la confiance. Tout est simple à présent…je veux rester là simplement, et que la porte ne s’ouvre pas.

Mais elle s’ouvre, et il est 17 heures…Nous sommes rentré vers les 11 heures…à jeun.

S’allonger dans l’herbe fraîche, regarder les autres hébétés comme moi, leurs sourires, le mien. S’asperger d’eau froide, regarder ce qui m’entoure.C’est beau, c’est simple.

Ranger les couverture et voir cet espace au grand jour à nouveau :  un trou au milieu d’un cercle de terre battue et tous nos petits sacs multicolores suspendus qui battent dans le vent, qui resteront jusqu’à ce qu’ils s’usent et tombent.

Finir par le partage de la nourriture…des mets savoureux, et qui nous ressemble, chacun ayant apporté, cuisiné quelque chose.

S’attarder car il fait beau et chaud, se promettre de revenir très bientôt…

C’était il y à un an passé déjà…je crois que je vais y retourner bientôt.

7 réflexions au sujet de « 60/365 : suera ou suera pas? »

  1. quelque chose que la fille de la Terre que je suis est appelé à faire du fond de ses entrailles elle aussi, mais que je n’ai encore jamais pu faire malheureusement
    mais ton récit donne envie 🙂

    • j’espère que tu auras la chance de trouver un lieu et des personnes avec qui tu pourras l’expérimenter !♥

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