tu n’es pas ce que tu possèdes….

c’est une évidence….et pourtant….

Quand viendra le temps de l’exploration spatiale, ce sont les société commerciales qui décideront des noms. La Sphère Stellaire IBM. La Galaxie Microsoft. La Planète Starbucks. Comme beaucoup d’autres, j’étais devenu esclave de l’instinct de nidification Ikea. Si je voyais quelque chose d’astucieux, comme une table basse en forme de yin-yang, il me le fallait. Le bureau Klipsk. Le vélo d’appartement Hovetrekke. Ou le canapé Ohamshab avec le motif Strinne à rayures vertes. Même le luminaire Ryslampa et son chaleureux abat-jour de papier brut. Je sautais de catalogue en catalogue me demandant « quel service de table me définit le mieux en tant que personne ? » J’avais tout. Même les bols de verre avec les petites bulles et les petits défauts, preuves qu’ils avaient été fabriqués par d’honnêtes et travailleurs indigènes de n’importe où. Autrefois, on lisait des magazines pornos. Maintenant, c’était le catalogue Horshow.

  Depuis six mois je n’arrivais plus à dormir. Je n’arrivais plus à dormir. Je n’arrivais plus à dormir. Avec l’insomnie, plus rien n’est réel. Tout est lointain. Tout est une copie d’une copie d’une copie. On n’est jamais vraiment endormi. Et jamais vraiment réveillé.

  Tu te réveilles à Sea Tac. SFO. LAX. Tu te réveilles à O’Hare. Dallas Fort Worth. BWI. Pacific. Moutain. Central. Tu perds une heure. Tu en gagnes une. C’est ta vie qui s »‘écoule ainsi une minute après l’autre. Tu te réveilles à Air Harbor International. Si tu te réveilles à un fuseau horaire différent, dans un endroit différent, tu pourrais te réveiller comme une personne différente ? Partout où je voyage, vie en miniature. sucre en dose individuelle et lait en dose individuelle. Plateau-repas micro-ondes. Shampoing deux-en-un. Échantillon de dentifrice. Micro-savonnettes. Les gens que je croise sur chaque vol sont des amis en dose individuelle. Entre décollage et atterrissage, nous sommes ensemble. C’est tout ce à quoi on a droit. A chaque fois que l’avion vire trop sec, je prie pour qu’il arrive un crash ou une collision en plein ciel. N’importe quoi.

  « Si vous êtes assis près d’une sortie de secours et que vous n’avez pas envie ou vous sentez incapable d’effectuer les manœuvres de sécurité, demandez au personnel de bord de vous trouver une autre place ». Procédure d’évacuation d’urgence à 10 000 mètres. L’illusion de la sécurité. Sais-tu pourquoi ils mettent des masques à oxygène sur les avions ? L’oxygène te fait planer. En cas de catastrophe, dans la panique,  tu te mets à respirer vite et fort. Te voilà soudain euphorique, docile. Tu acceptes ton destin. Amerrissage d’urgence à  800 à l’heure : visages impassible, calmes comme des vaches hindoues.

  Quand tu achètes des meubles, tu te dis « Voilà ! » Voilà le canapé dont j’avais besoin. Quoiqu’il arrive désormais, la question du canapé est réglée. J’avais tout. J’avais une stéréo parfaitement décente. Une garde-robe qui devenait respectable. Je n’étais pas loin d’être achevé. Nous sommes des consommateurs. Nous sommes le résultat d’une obsession du style de vie. Meurtre, crime, pauvreté, cela ne me concerne pas. Ce qui me concerne ce sont les magazines people, une télévision à 500 canaux, le nom d’un mec sur mes sous-vêtements. Rogaine. Viagra. Olestra. Martha Stewart. J’encule les canapés et les motifs Strinne à rayures vertes. Je dis ne sois jamais achevé. Je dis cesse d’être parfait. Je dis évoluons. Laisse la neige tomber. Les choses que tu possèdes finissent par te posséder.

 Ca va faire plus mal que n’importe quelle brûlure et ça va laisser une cicatrice. Ne cherche pas à évacuer la douleur.  Sans douleur ni sacrifice, nous n’obtenons rien. Voilà ta douleur. Voilà ta main en feu. C’est ici et maintenant. Ne fait pas comme font ceux qui sont déjà morts. Sois là. C’est le plus grand moment de ton existence et tu es ailleurs.   Tu n’es pas ton boulot. Tu n’es pas le montant de ton compte en banque. Tu n’es pas la voiture que tu conduis. Tu n’es pas le contenu de  ton porte-monnaie. Tu n’es pas ton putain de futal ! Tu es le caca heureux du monde.

J’aime ce film, j’aime ces auto collants que je croise un peu partout et qui me rappellent que ‘je ne suis pas ce que je possède »….

Mon activisme est quotidien, je réfléchis, j’essaye d’agir, je me trompe, je rectifie, je tente de supprimer ce qui n’est pas nécessaire, j’ai des principes je m’y tiens…je tente de faire de mes actes des actes de sens, j’essaye d’être consciente de ce qui m’entoure, je ne ferme pas les yeux sur le monde, je ne suis pas un bisounours même si parfois j’ai l’impression que je pourrai le devenir!Je tente de laisser la place à la guerrière.Ma guerrière a pour arme Boycott, sac poubelle, mitigeur, compost, jardin, pétition, micro don, sensibilisation, allaitement, achats raisonnés, tri….je fais avec mes moyens, je fais avec mes connaissances, mais je fais!

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